Texte Libre

Bienvenue chez le Griffon !
Ici j'expose en amateur mes dessins, gribouillages, peintures numériques... j'aime partager ce que j'ai fait, et recevoir des critiques sur les oeuvres en cours de réalisation, qui constituent la ligne de conduite de mon blog : je présente des Work In Progress la plupart du temps, notamment pour me motiver =D

Bonne visite !



Samedi 28 juin 2008
Et puis... et puis un autre changement, tiens. Plus gros. Voilà. C'est tout.


*pouï pouï pouïïïk* <-- cri du Griffon que l'on arrache à son lit douillet
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Jeudi 26 juin 2008
Je suis longue à la détente. Ca, c'est sûr. Kalahi m'a fait un mirifique sprite de mon célèbre griffon dessinant, et si je me suis extasiée chez lui, je n'ai pas fait comme tout bon blogueur, c'est-à-dire bloguer im-mé-dia-te-ment la nouvelle. Honte infâme et armaggedon grillé sur moi.

Donc le sprite est ++++

(ah oui, ça veut dire : pixellutage en tout pitit tout mignon d'un dessin)

Et puis... et puis j'avais envie de changement. Alors j'ai récupéré l'objet, l'ai encadré et voilà-ty-donc un nouveau favicon, vous savez, l'icone dans la barre d'adresse.

Oui, je suis longue à la détente, à déclencher des changements, mais là... je veux changer, je veux modifier des tas de choses dans ma vie (que personne ne s'inquiète, rien de grave ni qui prête à conséquences, hein).
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Samedi 14 juin 2008
Ses yeux s’ouvrirent dans l’obscurité. Elle mit quelques secondes à s’en apercevoir, clignant désespérément. Sa tête était lourde et tout son corps lui faisait mal. Sa gorge était sèche, et lorsqu’elle voulut avaler sa salive, sa langue rencontra du tissu. Le nœud formé dans sa bouche était rêche et s’il n’empêchait pas de respirer, c’était désagréable. Pourquoi était-elle bâillonnée ? S’essayant à se mouvoir, elle se rendit compte que ses mains et ses pieds étaient entravés. Rassemblant ses esprits, dans la semi-torpeur du réveil et la faim qui commençait à poindre, Périlune chercha.
On l’avait assommée. Déjà, une chose sûre. Par derrière. Mais elle aurait dû s’en douter, vu l’endroit où elle était. Où ça ?
Ses yeux s’habituant au noir, elle parvint à discerner quelques limites à son univers. C’était une cellule classique, pas très grande, à la forme bancale, aux murs penchés, semblant avoir été posés à la va-vite. Rampant jusqu’au mur le plus proche, elle rencontra, posés sur le sol de terre battue, des fers. Elle frissonna, se félicita de n’avoir pas à y être attachée. Quand elle put s’appuyer – péniblement – contre le mur aux moellons sortants, râpeux, elle soupira : pouvoir compter sur une certitude physique, c’est déjà ça.
Elle n’avait aucune raison d’appeler au secours du fond de ce cachot, ils avaient dû la mettre au silence pour l’empêcher de lancer des sorts. Ils savaient donc cela sur elle. Oh, qu’il était déplaisant de ne pouvoir se souvenir !
Restons-en au coup derrière la nuque. Ou bien une bataille ? De ses yeux désormais ouverts sur la nuit, elle chercha des blessures sur son corps. Elle ne parvint qu’à se tordre le cou, ses mains toujours attachées ne pouvant explorer. Fouillant le périmètre restreint de sa position elle trouva un morceau de mur plus saillant que les autres, et misérablement coupant. C’était moins que rien et Périlune se contorsionna pour atteindre l’arête. Elle frotta les liens de ses mains, longtemps. Lorsqu’ils cédèrent, ses bras restèrent raides, coincés dans son dos. Elle les ramena devant elle en grimaçant, et tandis que le sang se répandait douloureusement dans ses membres engourdis, elle massait lentement ses mains l’une avec l’autre. Elle arracha le bâillon de sa bouche, mais il était bien attaché derrière sa nuque et elle ne put que l’amener à pendre autour de son cou, puis essuya son menton humide de salive avec sa tunique, déjà en piteux état.
Puis elle inspecta son corps à la recherche de résidus de lutte. Mais aucun, ni brûlures, ni coups, ni entailles, ne lui parut récent. Qu’avait-il bien pu se passer ?
Pour rompre les cordes qui enserraient ses pieds, elle eut plus de mal, mais fut bientôt debout, chancelante, faible, affamée, mais libérée. Elle tâta autour d’elle, dans l’espoir fou que l’on lui aurait laissé sa sacoche ; dans sa tunique à large pans elle se sentait bien nue, sans ce sac de cuir qui accompagnait sa vie de voyageuse. Il contenait pierre-à-feu et amadou, vivres sèches et coutelas, comme tout sac de nomade, mais surtout l’ensemble des plantes dont Périlune se servait. Les plantes étaient la base de sa magie, des focalisateurs, sans lesquels ses sorts étaient faibles voire nuls. Elle eut le cœur gros, certains de ces végétaux étaient  extrêmement rares. La fleur de chistélis, par exemple, poussait au fond des lacs de brume dont les montagnes trouées du Sud étaient criblées, et à qui ils donnaient leur nom. Ces fleurs avaient le feu dans les veines, et Périlune les avait souvent utilisées lorsqu’elle était en danger. La mousse à l’aspect flou des illtyèdes posées sur les blessures aidait à lancer un sort de cicatrisation ; et elles ne poussaient que dans les vallées peu lumineuses du pays de Cethar. Un brin de staltea, mâché avec de la menthe, et frotté sur les mains, lui donnait un toucher empoisonné…
Réaliste, la jeune magicienne comprit que ses chances étaient minimes sans ses plantes – et le bâillon battant doucement sur ses clavicules lui rappela que ses geôliers ignoraient cela. Elle se mit néanmoins à chercher la sortie, passant ses doigts le long des parois rugueuses. Le souvenir du pouvoir des chistélis passait et repassait, elle avait beau le chasser, il s’imposait. Se refusant à céder à la nostalgie si peu constructive, elle braqua son esprit vers la sortie.
Lorsque soudain un cliquetis, qui sembla être un coup de tonnerre, se fit entendre. La porte dans le mur à gauche de Périlune s’ouvrit et la lumière entra violemment dans le cachot, ainsi qu’une chaleur étouffante. La jeune femme eut le réflexe de fermer les yeux, mais le choc suffit à l’aveugler. Elle ne put opposer de résistance aux deux gaillards qui l’embarquaient sans ménagement par les épaules. Tous deux s’exclamaient, mais Périlune, dont les oreilles étaient habitées de silence, n’entendit qu’un vacarme abstrait, duquel sortirent les mots « détachée » et « mère ». L’un d’eux lui prit les bras, l’autre tenta un instant de défaire le nœud derrière sa nuque, où étaient emmêlés quelques cheveux, mais renonça bien vite et remonta brutalement le bâillon dans la bouche de Périlune.
Sortie d’une nuit noire, elle entrait dans une autre, blanche celle-là, zébrée du rouge qui teintait ses paupières. La lumière trop vive finit par s’estomper, au gré de la marche trébuchante, et les couleurs apparurent. Tout était rouge, or, orange, blanc lumineux comme décoration. De nombreuses torches brûlaient, leur flamme claire perdue dans le jour qui entrait partout.
« Drôle d’endroit pour une prison. »
Il lui sembla n’avoir jamais vu ces murs peints, ces hautes statues et ces torches par milliers. Un son persistant, comme une clameur, lui emplissait la tête. « On a dû me déplacer lorsque j’étais inconsciente. Où suis-je donc ? » De nouveau les fleurs de chistélis lui vinrent à l’esprit. De si bonnes plantes, perdues ! Périlune sentait sa gorge se nouer, mais refoula une fois encore. Ce n’était pas le moment de s’apitoyer sur des fleurs…
Les deux hommes la traînèrent jusque dans une cour très éclairée, où la clameur se trouva à son comble. Mais c’était une foule qui chuchotait. Devant un des murs de colonnes se trouvait un trône élancé, qui semblait d’or fondu dans les yeux encore blessés de la jeune magicienne. Sur le trône était une flamme. En vérité, une jeune fille enveloppée de longs cheveux roux, habillée de queues de renard. A cet instant, Périlune comprit pourquoi les fleurs de chistélis au cœur de feu s’imposaient à son esprit, et se souvint.



Elle n’avait jamais eu affaire à la tribu de Shay, comme beaucoup de gens. Cette tribu très fermée était par là même source de nombre de rumeurs, on disait que leurs coutumes étaient cruelles, qu’ils faisaient des raids pour voler les femmes et tuer les enfants, et leur chef, une femme, était prétendue immortelle. Quelques marchands, courageux, suicidaires ou simplement avisés, avaient eu des contacts avec eux. C’est à l’un d’entre eux que, par un concours de circonstances, Périlune devait la vie, qui avait failli lui être ravie lors d’une embuscade de détrousseurs aux alentours de Berthès, dans les montagnes. Il s’appelait Astilène Sellthon, et les deux avaient sympathisé, continuant ensemble le voyage quelque temps. Un soir, Astilène avait évoqué le pays de Shay, qui approchait, et parlé de la tribu. Pour lui, ils étaient violents et durs car le pays l’était ; le presque désert qui cernait leur unique ville n’était pas propice aux vergers et surtout aux vignes, qui adoucissent par leurs vertus connues les tempéraments forts, disait-il en riant. Et la femme qui les guidait n’était pas immortelle, mais simplement la nouvelle cheffe perdait son nom à l’entrée dans sa fonction, et prenait celui de Pyrrha ; et lui ne savait pourquoi.
« Oh, j’y pense, j’ai d’ailleurs un objet à leur rendre.
- Oh ?
- Oui, une sorte de statuette en bois coloré, qu’on m’avait demandé de faire expertiser. Elle ne vaut pas grand-chose, en fait. »
Il sortit l’objet de son sac. C’était effectivement une petite statuette longiligne, de la taille d’une main, en bois finement sculpté, rehaussé de couleurs vives, où dominait le rouge, et d’un peu d’or. Périlune ne sut dire ce qu’elle représentait, c’était figuratif en même temps qu’abstrait ; les traits d’une femme – ou bien était-ce un homme ? – apparaissaient fugacement si on la regardait d’un certain angle, les veines du bois ajoutant au relief, au vivant de l’objet. A la lumière du feu de camp, elle semblait une flamme par moment.
« Quelle belle pièce ! Je m’étonne qu’elle vaille si peu, selon toi.
- Ce n’est que du bois, tu sais. Mais dis-moi, tu m’as dit que tu allais à Telenta, c’est ça ?
- Oui, j’y vais.
- Tu devras traverser le pays de Shay. Pourrais-tu me rendre un service ? Shay n’est pas sur mon chemin, peux-tu prendre cette statuette et leur rapporter ? Ca m’arrangerait.
- Bien sûr. Mais que devrais-je leur dire ?
- Bah, juste que les gens de la ville n’ont pas trouvé d’intérêt à cette pièce. Les shayens sont rudes mais ne devraient pas trop mal t’accueillir ! »
Il partit dans un rire rauque qui tranchait un peu avec son aspect débonnaire. Puis il tendit la statuette à la jeune femme, et partit se coucher.

Deux jours plus tard, leur route se séparait, Astilène continuant vers le nord, dans la province de Frinten. S’il était nerveux il ne le laissa pas paraître, et salua la jeune magicienne d’une tape paternelle sur l’épaule.
« Tu as bien le machin, la statuette ?
- Oui oui, ne t’en fais pas, Astilène, elle arrivera à bon port. »
Périlune partit vivement et dans la journée sentit l’air s’épaissir, et la chaleur augmenter. Pas de doute, le désert de Shay s’annonçait tôt. Le soir arriva bien trop vite et la température baissa, mais la cité des shayens était proche.

Se postant aux portes de la cité, elle demanda qu’on lui ouvre. Un jeune homme au casque d’os et à l’air las passa la tête au dessus du grand mur de terre tassée.
« Qu’est-ce que tu veux, voyageur ?
- L’hospitalité. La nuit, le désert est froid et sec, et je n’ai plus d’eau.
- L’eau est précieuse ici, crois-tu qu’elle te serait donnée ? »
Périlune s’attendait à cet accueil brusque, même s’il paraissait récité, et elle répliqua :
« Je paierai ce qu’il faudra. Je connais le prix des choses, le prix de la vie et le prix de l’eau.
- Entre, mais tu es et restes étrangère. Demain tu seras partie.
- Qu’il en soit ainsi. »
Une des deux lourdes portes, d’un bois sûrement importé, s’ouvrit lentement. Le garde qu’elle avait vu en haut du rempart était descendu par l’escalier intérieur, et la regardait. Privé de sa hauteur protectrice il semblait un jeune homme comme les autres, garde parce qu’il fallait bien nourrir ses parents trop vieux, soldat improvisé si le moment était venu, et surtout s’ennuyant comme un rat mort.
« Je vais demander à mon chef où tu peux dormir. Nous n’avons pas de maison des étrangers comme il paraît qu’il y en a dans les villes des pays voisins.
- Tu n’es jamais sorti ?
- Non… ici il n’y a que du désert. »
Il héla un de ses compagnons, affalé à l’ombre d’un auvent.
« Remplace-moi en haut, je vais voir Sethnar. »
Celui-ci jeta un coup d’œil à l’étrangère, ronchonna, et prit lentement le chemin de l’escalier de terre.
Périlune suivit le jeune homme tandis qu’il marchait vers la caserne. Elle n’était pas loin de l’entrée, et ils furent vite arrivés. A l’intérieur de la caserne il faisait frais, c’était agréable. Sethnar était un homme grand et massif, le type même du chef de la garde. Il jaugea longuement Périlune, et énonça :
« Nous n’avons pas l’habitude de voyageurs, et moins encore de voyageuses. Tu ne pourras pas loger à la caserne. Je veux que mes gardes aient toutes leurs facultés. »
Périlune, habituée au franc-parler de la plupart des hommes qu’elle avait croisé, esquissa un sourire d’entendement ; puis elle vit que Sethnar ne souriait pas, et que ce n’était pas une boutade.
« Elle pourrait loger au temple, proposa le jeune garde. Les prêtresses…
- Ca m’étonnerait qu’elles acceptent une étrangère, qui ne suit pas le culte du feu. Mais va voir, va leur demander, si tu es si malin. Reviens avant la nuit, tu es de la première ronde. »
Interloqué, le jeune garde parut sur le point de répliquer, mais Périlune esquissa un geste de la tête (« Pas la peine, j’y vais »). Il sortit la tête baissée en maugréant, après un salut extrêmement bref.
« Je pouvais pas me taire, non ? »
Il soupira.
« A cause de toi… non, tu n’y es pour rien, au fond, voyageuse.
- Je m’appelle Périlune.
- Solemth. Si les prêtresses te refusent, je demanderai à ma mère, elle n’habite pas loin du temple, et ma chambre est vide puisque je suis à la caserne. »
 « Mais c’est qu’il rougit, le jeunot ! » pensa-t-elle, un sourire aux lèvres.
« Merci à toi. »

Le temple se voyait de très loin, c’était la première chose que Périlune avait vue en entrant.
De hauts murs rouges portant de fausses colonnes encerclaient une immense bâtisse en pierres blanches veinées d’or qui surplombait la ville. Les grandes portes, taillées comme celles de la ville dans du bois, et rehaussées de couleurs chaudes et d’or, lui rappelèrent alors sa mission.
« La statuette qu’Astilène m’a confiée… Je demanderai à ces prêtresses à qui je dois la rendre. »
Ils arrivaient près d’un parvis immense, terre rouge incrustée de milliers de petites pierres blanches, lorsque l’épaule de Périlune heurta le biceps d’un garde, immense, au casque d’os comme Solemth.
Celui-ci, se retourna lentement vers elle.
« Une étrangère ici ? Ne me bouscule pas, la cornue ! »
Il avait l’œil vif, elle ne les cachait pas vraiment mais évitait de les montrer.
Son caractère aussi était vif. Il lança son bras, et Périlune évita de justesse. Il se leva alors lourdement, faisant face à la jeune femme. Son intention était claire. Périlune, jetant un coup d’œil affolé à Solemth, dit :
« Je ne veux pas me battre, fils du désert ! Je suis venue en paix, et repars demain ! »
L’autre grogna :
« Je ne suis fils que de Pyrrha ! »
Et il chargea.
Il ressemblait par sa masse et son action à un buffle plein de colère. Elle plongea rapidement la main vers sa besace, attrapa une des brindilles noires cousues sur le revers du rabat, la brisa en murmurant, et tendit l’autre main face tournée vers son assaillant. L’air se déforma et l’homme vit son mouvement stoppé dans l’instant. Sonné et perplexe, il regarda ses mains, puis reporta son attention sur la jeune lhymbienne. Elle avait profité de cet instant pour dégainer son bâton court, et elle portait dans son autre main deux fleurs d’un bleu passé, des melilas mille-couleurs.
Les gens se rapprochaient déjà.
L’homme attrapa son arme, et Périlune frémit. Cela se transformait en vraie bagarre et elle n’en avait nulle envie. Cette fois, il prit le temps de jauger son adversaire, et maugréa :
« Une cornue magicienne, de mieux en mieux… »
Son corps massif s’élança, épée en tête. Périlune prononça le sort en serrant fort les melilas ; et les fleurs éclatèrent en lumières mouvantes et vives, qui s’envolèrent en vrombissant et assaillirent le shayen. Celui-ci tenta de se protéger le visage des mains, et recula, mais une lumière le toucha à la jambe et il trébucha.
Périlune se détendit, lâcha les restes calcinés de melilas et s’approcha de l’homme à terre, main tendue en signe de paix ; cette lutte était ridicule.
Elle n’avait pas fait deux pas que l’autre se relevait violemment et la chargeait de nouveau. Saisie, elle lança la main vers son sac par réflexe.
Ses doigts heurtèrent un matériau qu’elle ne s’attendait pas à trouver là, ils ressortirent instinctivement, entraînant la statuette de bois qui les avait surpris. L’objet coloré vola et Périlune ne put que le voir retomber dans la poussière rouge des rues.
Quelqu’un dans la foule proche balbutia soudain, puis hurla :
« L’Ürelyrrha ! L’Ürelyrrha ! Le saint est revenu ! »
Grondant alors, les gens se rapprochèrent.
Périlune analysa à toute vitesse la situation, et tenta de se faire entendre :
« Je venais vous le rapporter ! Je venais… je ne l’ai pas volé ! »
Au mot de ‘volé’, la foule rugit. La rumeur, en quelques secondes, avait germé : l’étrangère, la démone, était revenue se vanter d’avoir dérobé l’objet saint, et elle avait attaqué l’un des leurs.
« Je ne suis jamais venue ici ! Quelqu’un m’a donné ça à vous rendre ! C’est une méprise… »
La foule, prête à lacérer l’intruse, la sacrilège, s’avançait tandis que Périlune perdait toute maîtrise de sa peur. Jamais elle n’avait eu à affronter pareil adversaire…
Une voix de femme impérieuse se fit entendre, Périlune tourna la tête machinalement et un choc sur la nuque lui ôta la conscience.



Elle était devant Pyrrha. On la força à s’agenouiller, lui maintenant les bras.
Le brouhaha de la foule massée dans la cour du trône s'atténuait lentement ; personne ne la forçait à se taire, bien au contraire... Cela ne pourrait qu'accentuer l'humiliation de l'étrangère, qui ne pouvait manquer d'entendre certaines remarques.
Périlune en profita pour observer un instant la cour. Elle était grande et claire, les murs derrière les colonnes étaient recouverts de tentures superbement décorées. Les colonnes en elles-mêmes étaient pleines de prestance, massives et élancées dans le même temps, gravées de nombreux motifs. Un tapis rouge cerné de loin en loin par des bougies plantées sur des serpents sculptés – bougies inutiles car la lumière du soleil se déversait dans l’espace – menait vers le trône lui-même, où la jeune Pyrrha était gauchement assise. Certes, elle ne manquait pas d'allure, dans ses drapés rouges et ses multitudes de bijoux dorés, mais son attitude était visiblement gênée – et puis elle était emmitouflée dans les peaux de renard, dont les queues formaient une ronde charmante mais qui devait être particulièrement étouffante, par la chaleur qu’il faisait. Des tentures pendaient derrière le trône et masquaient ce qui pouvait bien se trouver derrière ; une entrée vers les chambres royales ?

Pyrrha parla soudain ; le silence fut immédiat.
 « Etrangère. Tu es venue ici portant l’Ürelyrrha, saint par-dessus tout. Il avait disparu depuis de longs mois, et il est évident que c’est toi, impie, qui l’avais dérobé. »
Sa voix était légèrement hésitante, un peu comme si elle récitait un texte.
« Et je me demande : pourquoi être revenue ? As-tu maudit le Saint pour détruire notre peuple en nous le rapportant, hanté de quelque… sortilège ?
- Je ne l’ai pas v- »
Un coup sur la nuque la fit taire.
« Ce n’est pas la réponse attendue », lui souffla méchamment le gros garde qui lui tenait les mains. Il accentua sa remarque en tordant les poignets déjà ankylosés.
Malgré la douleur et la menace, Périlune retenta, et dit précipitamment pour ne pas se faire interrompre :
« J’ignorais la portée de cet objet lorsqu’on me l’a donné. On m’a chargé de le rapporter ici. Une… connaissance. »
Cette grotesque défense fit mugir la foule qui semblait se mouvoir comme une vague menaçante, se rapprochant du tapis sans pour autant sembler vouloir s'en prendre à Périlune.

Elle commençait à soupçonner un coup tordu : Astilène aurait volé la statuette dans le but de la revendre, mais s’apercevant qu’elle n’avait aucune valeur marchande, et que les shayens, peuple brutal s’il en est, feraient tout le récupérer, aurait eu peur de rester en sa possession. Il aurait donc sauté sur l’occasion en rencontrant la jeune lhymbienne. Allant plus loin dans la paranoïa, Périlune imagina même un instant cette rencontre forgée de toutes pièces, pour lui nuire…
« Nul ne peut ignorer ce qu’est l’Ürelyrrha ! Même une étrangère ! Tu mens, démone. »
Estomaquée, Périlune ne sut que répondre. Tout autour d'elle, la foule murmurait et honorait la clairvoyance de la souveraine.
Périlune reprit d'une voix mal assurée mais forte, afin de couvrir le bourdonnement des voix :
« Je pense que c’est la personne qui me l’a confié qui a volé votre statuette ; je peux vous mener à lui ! »
Après un temps, Pyrrha rétorqua :
« Non. Peu importe » – et là Périlune comprit que derrière le trône devait se trouver quelqu’un, un prêtre, qui lui dictait les réponses. « Tu avais le Saint en ta possession, et tu as attaqué un Pieux dans la ville. Cela suffit pour nous. L’étrangère sera brûlée à l’aube demain !
- Tout ceci n’est qu’une mascarade ! » s’indigna la magicienne, soudain paniquée. « Mon sort était déjà décidé, n’est-ce pas ? »
La jeune cheffe sembla soudain vouloir dire quelque chose, se raviser, puis reprit d’une voix grave :
« Les oracles avaient parlé. Demain à l’aube. »
D'un geste impérieux, elle scella la sentence. Périlune voulut lutter encore, mais le foulard reprit sa place dans sa bouche, et fut serré plus encore qu'avant. D'autres liens l'immobilisèrent d'avantage, comme si la fierté des gardes en dépendait. Le long du tapis, la foule scandait, réclamant la mort par le Feu. Etrangement, la moite fraîcheur de la cellule fut presque réconfortante.

Combien de temps lui restait-il avant l’aube ? Aveuglée par la soudaine lumière, elle n’avait pu déterminer l’heure, mais supposait qu’on était en milieu de journée. Elle pensa un instant  retrouver la saillie, se détacher, encore, et… et rien, en fait. Pas le temps. Pas la force. Prise par le désespoir, elle se laissa tomber sur ses genoux. Elle était, de plus, attachée plus fortement.
La porte s’entrebâilla soudain, la sortant de ses pensées. « Déjà ? »
Une forme passa lentement dans l’espace étroit, et s’approcha. Périlune n’aimait pas cette sensation qu’elle connaissait trop bien, la désagréable impression de la proximité du métal. Effectivement, l’arrivant dégaina doucement une lame. Le rai de lumière capta cette dernière, et ricocha sur des épaulières larges, de métal fatigué couvert d’une peinture rouge écaillée. « Un garde ! Il est donc déjà l’aube… » Vaincue dans sa tête, la magicienne s’abandonna ; elle faillit se laisser tomber en avant, et elle ne se rappela pas une seconde que son exécution devait être par le feu.
Le garde se pencha sur Périlune, elle entendait son souffle, un souffle jeune et quelque peu stressé, et elle reconnut Solemth. Il murmura :
« Pas un mot, je viens te libérer. »
Pendant une seconde, elle rit : bâillonnée comme elle était, comment aurait-elle pu parler ? Puis elle trouva soudain le temps long. S’il venait la délivrer, pourquoi ne coupait-il pas maintenant les cordes qui retenaient ses poignets et ses bras ? Il restait là, dans la pénombre elle ne savait où portait son regard, quand enfin elle sentit le froid métal se glisser entre ses mains, et rapidement, toutes les cordes tombèrent. Puis il défit le nœud du foulard d’un coup de couteau.
Solemth lui passa alors un bâton. Son bâton. Le bâton offert par Terdyn, il y a longtemps ; en merisier, incrusté de rares gemmes, étranges excroissances vertes et rouges, translucides, qui semblaient avoir poussé du bois. De taille moyenne, fait à sa main, elle n’aurait pu partir sans lui non plus. Il ne manquait plus que…
« Ton sac. J’ai vu que tu y tenais, tu l’agrippais férocement quand ce connard de Bulthod, celui qui t’a provoquée dans le Marché, t’a assommée par derrière. »
Elle le prit presque amoureusement, passa la bandoulière, et lorsque Solemth sortit, elle lui emboîta le pas. Et soudain lui demanda :
« Pourquoi ? Pourquoi fais-tu ça ? »
Le jeune garde, piqué au vif, répliqua vertement :
« J’aurais pu te laisser dans la cellule, et puis… »
Sa voix mourut, comme s’il allait en dire plus que ce qu’il n’aurait voulu.
« Et puis tu aurais pu partir seul, quitter ce village étouffant de déification et de traditions archaïques, et découvrir les villes aux alentours. Ai-je deviné juste ? »
Elle marquait un point, car Solemth rougit violemment et reprit précipitamment :
« Tu m’aideras à y aller ? Tu me guideras ? En échange, je te fais sortir d’ici. »
Périlune sourit.
« J’ai récupéré mon bâton et mon sac. J’aurais pu m’enfuir, et t’assommer, ce qui aurait été d’ailleurs une bonne excuse pour toi. Mais nous irons ensemble. »
Il détacha un des deux ceinturons portant fourreau et épée courte, qui étaient attachés à sa taille, et le tendit à Périlune. Sans un mot, celle-ci le ceignit.

Sans un bruit, ils sortirent des geôles, évitant les quelques rondes. Ce peuple qui vénérait le feu éclairait bien peu la nuit, aussi les deux jeunes gens atteignirent rapidement les portes de la ville.

Au matin, ils étaient dans un vallon de sable, entre des dunes hautes, parsemées çà et là de touffes d’herbes sèches. Ils ne virent donc pas leurs poursuivants s’approcher, par derrière ; c’était trois gardes shayens montés sur des pumas. En voyant Solemth, l’un d’eux, sautant à terre, s’écria :
« S’amouracher d’une étrangère t’aura perdu ! »
Pour toute réponse, le jeune homme tira son épée. Périlune se rapprocha de lui, raffermit sa prise sur son bâton, et plongea la main droite vers le sac-aux-herbes, fouissant rapidement parmi les sachets de cuir et de tissu aux cordelettes distinctes. Elle en ressortit une pincée de poudre de solifan, et murmura :
« Tu as mémorisé leurs places ? A trois, ferme les yeux et la bouche trois secondes et fonce. »
Elle jeta la poudre en l’air en marmonnant et le brouillard se leva : la poudre vert pâle semblait soulever le sable en tourbillonnant et la visibilité fut bientôt réduite à néant. On entendit tousser. Solemth bondit, un grognement retentit, puis un bruit sourd. Plus que deux gardes, mais trois montures à longues dents, et à l’odorat aiguisé. Périlune cala son bâton sous son bras, et à l’aveuglette frotta ses mains d’un mélange d’armoise et de perlibelle au parfum envoûtant, et luttant contre le sable volant, vint courageusement – ou pleine d’inconscience – caresser le museau des félins. Deux d’entre eux se mirent à bondir, rendus momentanément fous par les herbes ; l’on entendit crier le deuxième garde qui s’éloignait, s’efforçant de maîtriser son coursier.
L’effet du solifan prit fin, le vent, le vrai vent avait chassé la poudre, bien trop vite aux yeux de Périlune. Elle se lança en avant, son bâton luisant de l’électricité d’une fleur d’hermès, et frappa le troisième garde sur son chat rêvassant, le nez plein de senteurs inconnues.
« Inutile de l’achever », dit Périlune. « Il sera paralysé entre deux ou trois heures, qui suffiront pour que nous soyons loin… surtout avec des montures », ajouta-t-elle en souriant, et en gratouillant le menton du puma le plus proche.
Solemth répliqua :
« Trop dangereux. Ils ont sûrement envoyé plusieurs groupes, il faudrait partir, vite. »
Puis il s’effondra sans un bruit, un couteau planté jusqu’à la garde entre les côtes, sous l’omoplate.
Soudain paniquée, Périlune regarda frénétiquement autour d’elle, pour découvrir le deuxième garde, celui dont le puma était parti chasser le papillon, qui dévalait la dune, épée au clair. Le bâton de la magicienne crépitait encore un peu, elle esquiva et frappa à revers. Mais elle avait visé trop bas, et atteint les côtes de l’homme. A peine sonné il se redressa et lança son épée d’estoc ; Périlune réussit à dégainer son épée courte et lâchant son bâton, para puis l’enfonça de toutes ses forces devant elle.
Le silence retomba, la poussière fit de même.
Presque mécaniquement, Périlune ôta le couteau du corps de Solemth et le jeta au loin, puis elle reprit son bâton à terre, attrapa la bride d’un des pumas toujours sous l’emprise de la perlibelle, le fit se coucher et hissa le jeune homme inerte sur son dos. Puis elle sauta devant, cravachant la bête. Après deux heures de route, elle s’autorisa enfin à relâcher la pression, et à pleurer le sort du jeune garde.
« Qu’avait-il voulu dire, ce type, par ‘s’amouracher’ ? Solemth voulait s’enfuir, découvrir la ville, c’est ce qu’il m’avait dit. Aurait-il… non. On ne risque pas sa vie pour les beaux yeux d’une étrangère. Il serait mort… si bêtement ? Enfin… toute mort est bête, après tout. »
Elle arrêta sa monture, et déposa le jeune homme sur le sable. Déchirant le bas de sa tunique elle en fit un bandeau qu’elle noua autour des yeux de Solemth. Elle disposa ensuite ses bras le long de son corps, la tête vers l’est – le soleil levant, le renouveau, la renaissance – et éparpilla du sable sur son corps, n’ayant pas d’ocre rouge. Puis elle partit, laissant le corps libre, lui permettant de participer au cycle naturel, nourrissant les animaux et fertilisant la terre – enfin, le sable – comme le faisaient les gens de son peuple.
Elle sortit bientôt de l’ambiance chaude et pesante, et laissa échapper une bouffée de joie lorsque les grosses pattes du puma foulèrent l’herbe encore un peu jaune de l’orée du désert. Elle descendit alors, et d’une tape sur la croupe, le congédia. Le grand chat grogna et repartit faire sa vie dans le désert – libre enfin –. Arrivant près d’un ru, elle se posa, et se déshabilla. La rivière lui parut glacée après son périple dans le désert, mais ô combien délassante… Son corps meurtri demandait réparation. L’eau coulait jusqu’à une bourgade visible au loin, et Périlune décida qu’elle s’y arrêterait un temps. Sa tunique était déchirée, ses chausses très abimées par le voyage et les cordes rugueuses ; la bandoulière de son sac commençait à faiblir. Si elle trouvait un apothicaire, elle pourrait refaire provision de quelques herbes communes. Et puis… en mémoire de Solemth.
Elle étendit sa cape sur l’herbe fraîchie par le soir, et se coucha, grignotant une tranche de viande séchée. Elle passerait la nuit ici, sous les étoiles. Et demain elle repartirait – en passant par la ville.


sep07jun08.


Cette nouvelle fait suite (indirecte, elle fait partie d'un ensemble) au Troll de Tardenef.

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Jeudi 12 juin 2008
Le voyageur arrêta sa monture frémissante au bord de la rivière. L’eau bondissante était claire et fraîche, et l’homme et le cheval s’abreuvèrent longtemps. Ils voyageaient ensemble depuis si longtemps que chacun connaissait l’autre au point de sentir la fatigue du compagnon dans la contraction d’un seul muscle de cuisse ou de dos.
L’homme retira la couverture grise du dos de la bête, qu’il montait à cru, et l’étala à terre. Y posant son arc et son épée, il tira une brosse de sa besace, et bouchonna son cheval luisant d’écume.
Puis il repoussa ses armes et s’assit en tailleur sur la couverture. Laissant l’animal brouter, il mâchonnait pensivement une tranche de grison.
« En route », murmura-t-il soudain. « Je ne sais combien de temps elle tiendra. »
Hélant d’un mot son équin compagnon, il jeta la couverture pliée sur son dos, et s’élança à sa suite. Le cheval prit un trot rapide. Le voyageur scrutait les environs pour une ombre, une présence, un bruit, un signe… de son adversaire.
Après de longues heures dans la plaine bordée au loin de hautes montagnes inaccessibles, ils arrivèrent près d’un petit bois, et y pénétrèrent. Les feuilles bruissaient dans le vent, langage connu de ce dernier seul. L’air était chaud, même sous le couvert des arbres, et la lumière perçant les branches formait des îlots d’or sur le sol. Le cheval allait au pas, prenant à chaque foulée un humus odorant sur les sabots.
A la sortie du bois, le temps fraîchit brusquement, le vent souffla plus fort et la terre se fit plus dure. Ils étaient de nouveau dans la plaine, mais c’était comme si elle avait changé.
Alors le voyageur le sentit arriver.
Le sol vibrait régulièrement, une pulsation de cœur plus qu’un pas. L’air tournoyait lentement. Puis le soleil fut caché par une masse immense qui s’approchait. C’était un humanoïde d’une beauté rude et incongrue, qui semblait être fait de pierre, d’écailles, et d’herbe.
Il plongea son regard dans celui de la créature minuscule qui l’invectivait plus bas. Puis s’avança.
Et le voyageur affronta le colosse.

jun08.

Vous l'aurez peut-être deviné, ce texte est un hommage au jeu vidéo "Shadow of the Colossus" ; en VO "Wanda (=Wander, wanderer, le vagabond) to Kyozou", le vagabond et le colosse (je préfère, d'ailleurs). Ce jeu est... magnifique. Je l'ai très peu vu tourner, et je suis conquise *veut un portage sur PC*


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Vendredi 30 mai 2008
J'augure ici une nouvelle catégorie =) la gastronomie. Eh oui, la cuisine est un art, et a tout à fait sa place sur mon blog après tout. D'autant que c'est aussi une science, et que j'expérimente sans cesse : ça aussi c'est du WIP =P

Gourmande des yeux, du nez et des papilles, j'aime cuisiner, j'aime sentir le cru devenir cuit, sa couleur qui change, sa texture qui s'attendrit, j'aime sentir la sauce épaissir sous ma cuillère en bois, j'aime humer le plat qui me fait patienter (bouillir d'impatience, oui =P)... période sensitive, hein.

Gourmande de la vie, aussi. Profitez-en ! Je ne vais pas toujours bien, et parfois le désespoir m'étreint, jusqu'à vouloir m'endormir pour ne plus me réveiller, parce que mon coeur s'étrangle pour une tristesse inconnue, et incongrue. Mais la vie vaut le coup, ce monde vaut le coup, pour le chant du roitelet à quatre heures du matin, pour la brume sur les montagnes, pour les lasagnes dans le four... Profitez-en.
(tiens, c'est pas souvent que je m'épanche sur ma vie ici, profitez-en ^^)


++Nouilles sautées au chou et saucisse++


Ouii, le titre n'est pas terrible. Mais bon, ça décrit ^^ (si vous avez des suggestions, ne vous censurez pas une seconde =P)
En effet, ce plat est tout simplement à base de nouilles chinoises, de chou blanc (enfin vert, enfin pas frisé ni rouge ni fleur, quoi o_o ), et de saucisses knack coupées en tronçons.


Protocole expérimental : (les images sont cliquables)


Le chou est coupé tout fin (ze technique : l'effeuiller, empiler deux-trois feuilles à plat et couper en lanières, beaucoup plus facile que sur le chou entier), mis dans une poêle avec de l'huile d'olive chaude au fond, et un peu d'eau par dessus. Et pis de la citronelle sèche floue. Mais bon, ça se sent peu, rien ne vaut la vraie, fraîche, et tout =(
On attend que ça colore, que ça fonde doucement, le chou c'est bon encore un peu croquant mais pas trop =P


Ajout des saucisses coupées amoureusement en ptits bouts, et de la sauce soja, plein, parce que c'est bon, mince.


On aura pris soin de cuire les nouilles à part, et on les balance dans le reste. Ici, on peut donc constater que ma poêle est trop petite. Pourtant, il y avait juste assez pour deux ^^ Comme les saucisses et les nouilles sont déjà cuites, c'est juste histoire d'amalgamer les gouts, de les faire se rencontrer, tout ça. La cuisine, c'est aussi de l'amour, mince... (sors de là, vile romantique *high geek kick*)




Se rencontrer, oui, dans mon bol. Hop, n'en a plus, faites la recette si vous en voulez, d'abord.


EDIT : Suggestion de mon Ami Eawyne, remplacer le chou blanc par du chou chinois ; pas bête, en plus je n'ai jamais goûté ^^

(bientôt, enfin, peut-être, des smilies maison ici, et je vous filerai les liens des images si vous êtes sages)

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